9ème édition du Festival

La neuvième édition du Festival de Fès de la Culture Soufie aura lieu du 18 au 25 avril 2015.

Programme 2014

Découvrez les artistes présents à la huitième édition du Festival de Fès de la Culture Soufie !

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9ème édition du Festival de Fès de la Culture Soufie
Fès du 18 au 25 avril 2015

Note de présentation

La Religion de l'Amour. De Rabiaa, Ibn Arabî, Rumi à nos jours...

L'Amour a été vécu, chanté, décliné dans toutes les formes de vie et d'action par une chaîne interrompue de femmes et d'hommes à travers différentes cultures . L'Amour a été considéré comme la plus haute réalisation de la spiritualité et de la foi. L'Amour du prochain, l'Amour de l'autre, l'Amour du Tout- Autre, et qui Nous est pourtant plus proche de nous que nous mêmes . De cet Amour que Rabiaa place au-delà du Paradis et de l'Enfer et dont Rumi atteste de l'embrasement et la dévastation ( "J'étais cru et ensuite cuit, disait-il, je suis maintenant consumé" ) Ibn Arabî attire notre attention sur le fait qu'il restera pour toujours un mystère. C'est pourtant aux pieds de ce guide invisible qu'il remettra les clés de son âme : "En quelques direction que se tournent ses montures l'Amour est ma religion et ma foi !" De cet Amour que reste-t-il aujourd'hui? Il est , comme disent les Soufis , un océan et une soif intarissables. Il faut se détourner des caricatures imbéciles et mortifères des religions pour se plonger dans les textes , la poésie , les témoignages d'action et de vie, qui en irriguent le cœur et l'esprit. Et se plonger plus encore dans les expériences ineffables et intimes que les gens de l'Amour distillent autour d'eux , tous les jours, hier comme aujourd'hui. Pressé de s'expliquer sur sa déraison le Majnoun de Layla répondait à ses contempteurs qu'il n'y avait de saveur dans la vie que pour ceux dont cet Amour s'est saisi. Mais il reste une question essentielle . Comment cette énergie d'amour peut fonder un vivre ensemble, une société ? Et au-delà encore, dans cette extrême diversité du monde, instiller plus d'empathie ou de fraternité ? C'est à une telle réflexion, à cette agape , que nous sommes cette fois-ci invités .

Par Faouzi Skali
Président du Festival

Découvrez le livre « Esprit de Fès » de Faouzi Skali : http://espritdefes.wordpress.com/

Cultures du Soufisme

Le Soufisme est une voie d’enseignement et de « cheminement » spirituels qui s’inscrit au cœur de la tradition de l’Islam. Cette voie est aussi une expression de sa culture et, l’on pourrait dire, l’esprit même de sa Civilisation. En ce sens, le Soufisme qui est d’abord une expérience spirituelle, un « Dhawq » ou une saveur personnelle, a été ensuite tout le long de l’histoire, la source continue d’une créativité, intellectuelle, poétique, littéraire, artistique (en particulier musicale) et, d’une façon encore plus globale, bien qu’insuffisamment explorée, la source d’une productivité sociétale particulièrement riche et remarquable.

C’est ce lien entre expérience spirituelle et la diversité des colorations de ses expressions culturelles et sociales, que le Festival de Fès de la Culture Soufie cherche à mettre en lumière et à décliner à travers la programmation de chacune de ses éditions.

Car l’une des caractéristiques de la voie du Soufisme est de permettre cette articulation si rare entre l’accomplissement d’une transformation de soi et celui d’une transformation collective. Cette interaction entre le personnel et le collectif permet la production d’une culture vivante, qui change avec le temps et les lieux, mais dont le but ultime est d’être l’expression de valeurs universelles. Elle enseigne et véhicule en chaque temps, chaque lieu, de quelle manière il est possible de se rapprocher des plus hauts niveaux de nos accomplissements humains, individuels ou sociaux. Les chants, l’art ou la littérature du Soufisme exprimés dans les langues et les modalités culturelles du Continent Sub-Indien, de l’Afrique noire, du Maghreb, d’Asie ou d’Europe Centrale ou du Moyen Orient, vont tous faire référence à la nécessité de dépasser les limites de nos égocentrismes, personnels ou collectifs, pour accéder au sens ultime et universel de l’amour, de la connaissance ou de la compassion.

Cela suppose que ces cultures diverses ne soient pas seulement approchées comme des patrimoines ou des legs du passé mais plutôt de par ce qu’elles peuvent transmettre à notre monde d’aujourd’hui de leurs messages les plus profonds, celui de la célébration d’un sens ultime de la Beauté – celle dont Dostoïevski disait qu’elle seule pouvait sauver le monde – qui s’exprime dans une sagesse de vie, une noblesse du comportement humain ; un art de vivre, conçu dans son sens le plus élevé, et qui est l’âme même d’une civilisation.

Il est important aujourd’hui, en mettant en relation ces cultures et les valeurs qu’elles véhiculent, de rendre possible cette perception de l’Islam en tant que projet civilisationnel.

Et de s’interroger sur la manière dont ce projet peut contribuer à apporter des réponses aux défis sociétaux, locaux ou mondialisés, d’aujourd’hui. De quelle manière avec d’autres projets, d’autres courants de pensées ou de cultures, d’autres civilisations, il peut contribuer à « donner une âme à la mondialisation ». Contribuer à donner un sens à celle-ci en mettant l’homme, et son aspiration à atteindre des valeurs universelles, au centre de nos préoccupations et de nos gouvernances politiques et économiques.

Le Festival de Fès de la Culture Soufie cherche ainsi, pendant dix jours, à réaliser d’une façon certes modeste, et à ce titre surtout illustrative, un paradigme essentiel pour la survie de notre humanité et une orientation vers un développement qualitatif et solidaire (et non seulement « quantitatif tel qu’il est conçu aujourd’hui par les critères purement financiers de la croissance).

Il cherche à ouvrir des voies à l’échelle de la Culture de l’Islam, et au-delà, à une échelle globale, vers ce qu’Edgar Morin, dont nous nous réjouissons à cette occasion de sa présence parmi nous, a appelé « une politique de civilisation ».

Fès peut ainsi, à travers son « Forum « une âme pour la mondialisation » et son Festival de la Culture Soufie, devenir le creuset et peut être le lieu de certaines réalisations expérimentales, d’une telle réflexion.

C’est quantitativement peu mais cela peut sur un plan qualitatif signifier beaucoup. Si cette tentative d’initier les prémices d’une civilisation porteuse d’amour, de connaissance et de solidarité, et ouverte au dialogue entre les cultures et religions du monde, réussit un tant soit peu ici c’est qu’elle le peut aussi ailleurs. « L’éclosion d’une seule fleur est, dit un proverbe japonais, la preuve du printemps ! ».